ARCIZANS-AVANT


Arcizans-Avant était le village de ma grand-mère où nous venions chaque année passer les vacances, lorsque j’étais enfant, à la maison « Champy ».
Le village n’est plus aussi calme qu’à l’époque de mon enfance, le camping, la reconstruction du château attirent nombre de touristes (le château n’offre plus les nombreuses activités des années 1970-80, il a été transformé en chambres d’hôtes). La création de nouveaux lotissements a vu la population augmenter. Toutefois, si le projet de la station de ski de fond prévue en 1969, avait été mené à son terme il en aurait été tout autrement. En effet la route du Cabaliros crée en 1969 avait été prévue pour rejoindre la cote 1600 vers le massif du Cabaliros (2333 m). Une station de sports d’hiver devait y être créée avec une capacité de 25000 lits. La route du Cabaliros n’est effectivement goudronnée que jusqu’au deuxième virage et le projet de la station abandonné.


1990 Arcizans-Avant




Les origines

Les historiens ont toujours cherché l’étymologie du nom de ce village. Tout ce que l’on peut dire c’est que, dans l’arrondissement d’Argelès, il existe deux Arcizans.
Le centre de celui qui fait l’objet de cette étude se trouve à environ 4 km à l’Est de l’autre, c’est à dire du côté du Levant (ou Avant) et à 200 ou 300 m d’altitude en dessous de l’autre que l’on appelle Arcizans-Dessus. Cénac Moncaut prétendait, en 1860, qu’Arcizans dérivait du mot « Arcade » mais on voit difficilement à quoi il faisait allusion. Par ailleurs, ses habitants avaient la réputation d’être très indépendants, prompts à la bataille et s’étaient défendus contre les tentatives de conquête de leurs voisins. Ils formaient une communauté indépendante et leurs Bézis (chefs de maison) et leurs Cossous (consuls, administrateur) n’assistaient pas et n’étaient pas convoqués aux Assemblées Générales qui se tenaient sur la place de l’Oum à Aucun pour la vallée d’Azun ou dans le cloître de l’Abbaye de Saint-Savin pour la Rivière de Saint-Savin mais, par contre, quand il y avait Assemblée Générale des vallées d’Argelès des Cossous des Vallées d’Argelès, ils y participaient tout comme les autres et à titre égal.

En remontant le cours de l’histoire, on se rend compte que cette commune est passée, au pont de vue administratif, suivant les époques sous la coupe de la vallée de Saint-Savin, de l’Estrem de Salles ou du Val d’Azun quand elle n’a pas été reconnue tout à fait indépendante comme on le voit sur la Carte Historique tracée en 1932 par M. Heïd. Bernard III, Abbé de Saint-Savin de 1059 à 1070, avait bien défini la ligne de séparation entre Arcizans-Avant et la vallée de Cauterets qui ne suivait pas toujours la ligne de partage des eaux car Arcizans-Avant avait empiété parfois sur la vallée voisine.
Il fit graver des croix sur les rochers et les énuméra sur une charte écrite en latin, qui est arrivée jusqu’à nous :
Crouts dera Espernas
Crouts de Trabessa
Crouts d’Aguileri
Crouts dets Bernadets
Crouts déd Cuyéou dé Souturon
Crouts déd Cuyéou dé Naberna
Crouts déd Tourmalet (au bas de la costa dé Cuyéou Frech)
Houn dé Cuyéou coup
Crouts d’Apriste Dessus
Cot dé Labâssa (en passant par la mountagna déras duas sérous et de cot d’Omi).

Une charte du 29 janvier 1920 montre qu’Arcizans-Avant avait ses propres pâturages, ports et montagnes, dont les habitants jouissaient seuls, en commun, et qui furent l’objet de réclamations.

Aux 14ème et 15ème siècle, on considérait qu’Arcizans-Avant était plutôt situé sur le versant du Val d’Azun (quoique la paroisse fasse partie Paschal du Monastère).
Les 28 Cazaous versaient des redevances à l’Abbé qui conjointement avec le Seigneur Bernard d’Arcizans y exerçait la basse justice. Les juges dépendaient du Seigneur. Au moment du règlement du tribut des médailles, en 1348, cette commune faisait partie du Val d’Azun. En 1567, elle figurait toujours sur la liste des communes de cette vallée et l’Abbaye y percevait des fruits et des émoluments.

En 1612, son dénombrement précisait qu’elle était située entre la Vallée d’Azun et la Ribère de Saint-Savin, mais qu’elle ne se rattachait ni à l’une, ni à l’autre. Ses limites étaient :
- coté Orient : Saint-Savin et Uz
- coté Occident : Sireix et Arras
- coté Septentrion : Lau et Argelès.
On y trouve, également des précisions sur les conditions d’existence au point de vue administratif :
La concession de ce territoire à ses habitants est antérieure à l’an 945, mais le titre n’a jamais été produit.
Les cossous existent comme dans les autres communautés labedanaises.
Les assemblées des habitants se déroulent devant leur église. Les syndics ou leurs cossus participent aux assemblées générales des vallées qui se tiennent à Argelès. Ils participent aux élections des députés en se joignant aux habitants d’Azu, très vraisemblablement. Le comte Roi est Seigneur et, après lui, le seigneur particulier du domec d’Arcizans ou l’Abbé de Saint-Savin, chacun pour sa partie.

La basse justice appartient au seigneur du domec d’Arcizans qui la fait exercer par son Bayle et les consuls. Les haute et moyenne justice appartiennent au roi qui la fait exercer par les officiers de la Sénéchaussée de Bigorre siégeant à Tarbes.

Les fiefs, redevances et devoirs sont dus suivant leur nature, envers le comte, envers le domec du Seigneur d’Arcizans, envers l’Abbé de Saint-Savin. En 1663, à l’arrivée des Maristes, Arcizans-Avant ne faisait pas partie de la Ribère de Saint-Savin. L’historien Jean Bourdette en apporta la preuve dans ses annales. En 1730, un arrêt affirmait à nouveau qu’Arcizans-Avant était situé entre la Vallée de Saint-Savin et le Val d’Azun sans appartenir ni à l’un, ni à l’autre (pas plus qu’aux autres vallées du Lavedan). En 1734, un reçu du relevé des impôts payés aux Aspois, adressé aux quatre consuls du Darré-Aygue, affirme, au contraire qu’Arcizans-Avant fait bien partie de la Vallée d’Azun. Mais, vers 1780, au moment où fut tracé la carte de Cassini, la commune d’Arcizans-Avant est portée très nettement dans la « Vallée de rivière de Saint-Savin ».

A la Révolution, en 1790, les cantons de la montagne furent créés et Arcizans-Avant rentra dans celui de Saint-Savin. En 1806, les cantons d’Argelès et de Saint-Savin furent réunis pour ne plus en former qu’un dénommé « canton d’Argelès » et depuis cette date il n’y a pas eu de changement. Au point de vue Arrondissement, Arcizans-Avant fut inclus dans celui d’Argelès, dès sa fondation en 1806, à la disposition des Districts qui avaient été créés par les lois des 14 et 22 décembre 1789, en même temps que le Département des Hautes Pyrénées, quand la province de Bigorre disparut.
Depuis cette date, Arcizans-Avant y est toujours resté mis à part la période 1926 à 1942 où la Sous-Préfecture d’Argelès-Gazost fut supprimée et rattachée à celle de Bagnères de Bigorre avant de reprendre son indépendance.



Sobriquets et dictons

Arcizans-Avant, canton d’Argelès-Gazost
Sobriquet : « Eths talhancetas », les gens aux ciseaux (de tondeur?)
« Estalhancelas, estlhants », ciseaux. - Les habitants sont très sociables et très sensibles; ils ont des sentiments nobles et élevés, ils sont vaillants et possèdent au plus haut degré les vertus domestiques (Série T).-Une jeune fille d’Arcizans-Avant, qui s’appelait Elisabeth, était un jour venue avec sa cruche à la houn d’era encantado, aperçut un bout de soie qui semblait couler avec l’eau et la voilà qui dévide aussitôt ce fil convoité. Pressé par la soif, sa mère la rapelle à grands cris. Tentée par sa trouvaille qu’elle ne se décide pas facilement à lâcher, l’enfant répond avec douceur mais continue. Nouveaux cris, menaces de la mère. La petite décide alors de quitter la fontaine et rompt entre deux cailloux le fil dont elle tient déjà un gros poleton. Au même instant apparaissait la fée qu’un bout de soie retenait captive dans la roche, à l’orifice du jet d’eau. Eblouie et confuse, Elisabeth se sauve abandonnant son larcin et en fuyant elle entendait la fée qui chantait :

Déra houn de Capdibere
Enta la houn det Bardèroun
Era nouste Margalide
Beill’et dié, era net qué droum.
On ajoute que Margalide, irritée, jeta à l’enfant ces paroles "Maldito sié era henno qui l’a portado, maïnado, per nou m’abé léchat sourti d’aci!"
Le lendemain, la mère était morte.
Voici un autre récit relatif à une fée que la tradition appelle l’Encantado dé Domecq.
Cette fée ayant des obligations à une famille Domecq et à ses domestiques, de qui elle avait reçu des services, résolut dans ses vieux jours de léguer sa fortune à ceux qui l’avaient obligée pendant un long enchantement qu’elle avait dû subir. Jeanine, c’était le nom de la vieille enchanteresse recommanda à ces braves gens, chez qui elle s’était retirée, de l’inhumer avec ses bijoux sitôt qu’elle serait morte, cela devant, disait-elle, allonger sa vie de neuf années : elle meurt; on l’enterre selon ses désirs. pendant la nuit le valet et la servante, entre lesquels il y avait promesse de mariage, firent au four. Tentés par les bagues précieuses qu’ils savaient avoir été laissées aux doigts de la défunte, ils s’en vont, pendant que cuisait le pain, déterrer la morte.Mais une plainte douloureuse, poussée par Jeanine au moment où ses bijoux lui étaient enlevés, fait fuir les voleurs qui, frappés d’épouvante, se hâtent de courir tout avouer à leurs maîtres.
Ceux-ci s’empressèrent vers la fosse et la fée délivrée vécut encore neuf ans.
Il va s’en dire qu’avant de mourir pour de vrai, elle fit don de ses richesses aux Domecq.
En outre elle donna vingt-cinq mille francs aux domestiques, qui se marièrent et achetèrent avec cet argent une propriété dont leurs descendants jouissent encore aujourd’hui, n’ignorant pas, ce qui est de notoriété publique : qu’elle a été acquise avec les vingt-cinq mille francs de la fée (S, A., 6ème année, p. 469).



Le Château dit du Prince Noir et la Seigneurie d’Arcizans

Il n’est pas inutile de rappeler sommairement le contexte de cet édifice, un des témoins les plus intéressants de cette Vicomté de Lavedan, relevant du comté de Bigorre, correspondant à la partie montagneuse de l’arrondissement d’Argelès et jouxtant l’Aragon.
Pays des Sept Vallées, dit-on aussi, correspondant à des divisions naturelles :
Quatre sur la rive gauche du Gave :
- Saint-Savin
- Extrême de Salles
- Batsurguères
- Azun
Une au fond de la vallée du Gave :
- Barèges
Deux, enfin sur la rive droite :
- Castelloubon
- Dabantaygue

A l’origine, les Comtes de Bigorre, souverains, exerçaient la seigneurie directe sur les sept vallées. Ils cédèrent au cours des temps la seigneurie directe de trois d’entre elles :
- celle de Castelloubon, vers 900, à un de leurs cadets, premier Vicomte de Lavedan.
- celle de la vallée de Saint-Savin au Père Abbé et aux moines de l’abbaye en 945.
- celle de la vallée d’Azun, à un Vicomte de Lavedan, en 1426.
Arcizans-Avant, entendons par là « au levant », à l’est, par rapport à l’autre Arcizans, plus à l’ouest, dans la vallée d’Azun et plus haut, d’où le nom d’Arcizans-Dessus.
Arcizant-Avant confine avec la vallée d’Azun et avec celle de Saint-Savin.
Gaston Balencie l’englobe dans la vallée de Saint-Savin et Jean Bourdette lui prête la singularité de n’appartenir ni à cette vallée ni à aucune autre.
Arcizans-Avant aurait constitué une communauté indépendante et pour étayer ses dires Bourdette rappelle qui ni ses « Bezis » (chefs de famille), qui pouvaient d’ailleurs être des femmes-veuves ou héritières ou orphelines, ni ses « cossous » (consuls) n’assistaient ni aux assemblées générales de la vallée d’Azun, convoquées à Aucun sur la place de l’Oum, ni celle de la vallée de Saint-Savin réunies dans le cloître de l’abbaye. Par contre ils assistaient à l’assemblée générale des Consuls des sept vallées à Argelès au même titre que les autres.



Le Prince Noir

Surnommé ainsi à cause de la couleur de son armure, Edouard de Woodstock (1330-1376), fils aîné d’Edourd III, roi d’Angleterre et père de Richard II, est l’un des grands chefs militaires de la guerre dite de Cent-ans. Lieutenant général d’Aquitaine pour le compte de son père au début de la guerre de Cent ans, à 16 ans à peine, il participe brillamment à la bataille de Crécy (1346). En 1356, il conduit une chevauchée dans le centre de la France qui s’achève sur la bataille de Poitiers où il écrase l’armée du roi de France, Jean II le Bon qu’il fait prisonnier. Le traité de Brétigny (1360) ayant donné l’Aquitaine en toute souveraineté à l’Angleterre, Edouard III lui confie cette province érigée en principauté. Mort avant son père, Edouard de Woodstock ne sera jamais roi d’Angleterre, mais entre dans la légende sous le nom de Prince Noir
.
Il semble qu’il n’ait jamais porté ce nom de son vivant. Cette appellation apparaît en 1559, sous la plume du chroniqueur anglais Grafton. Les traditions locales attribuent aux Anglais de très nombreuses réalisations : constructions ou modifications de châteaux, surnoms de population, dénominations de villages. Le Prince Noir donne son nom à deux édifices voisins : le Castelnau d’Azun et le château d’Arcizans-Avant.
Anthyme Saint-Paul, en 1866, dans son article « Une excursion archéologique dans le Bigorre » écrit : « Le château d’Arcizans-Avant, appelé aussi, je ne sais pas pourquoi, la tour de Prince Noir ». Perret en 1880 laisse déborder son imagination : « Toutes les archives et légendes sont d’accord pour assurer qu’il fut construit par les Anglais eux-mêmes, maîtres des vallées, sur l’ordre de leur chef suprême. De là son nom, château du Prince Noir ».
En fait, la Montre de Bigorre de 1285, signale à cette date la présence d’un château à Arcizans-Avant, donc avant la naissance d’Edouard de Woodstock. L’action du Prince Noir semble se limiter à une visite à Lourdes, et Tarbes en 1362. Seule la tradition subsiste : tradition consacrée par l’arrêté du 29 janvier 1944 qui inscrit le site sous le nom de « Butte du château dit du Prince Noir ».




Le blason

Une très jolie légende voudrait que, combattant les maures sous la bannière d’un roi d’Aragon, un seigneur d’Arcizans aurait proposé à ce dernier une entreprise si périlleuse que le souverain la regardant comme impossible lui aurait promis un merle blanc s’il arrivait à ses fins. Il faut croire qu’il réussit les d’Arcizas blasonnaient « d’azur à merle d’argent ». Selon Norbert Rosapelly, les habitants d’Arcizans reçurent autrefois le sobriquet d’Estalhanceta (estalhants veut dire ciseaux) étant réputés pour le haut degré de leurs vertus domestiques, sociables, sensibles et leurs sentiments nobles élevés et vaillants.
Ainsi peut-on interpréter la paire de ciseaux inscrite à la pointe de l’écu.


Toutefois vous trouverez ci-dessous, le blason de la commune d'Arcizans-Avant dont la définition est donnée par l'Armorial des Communes de France : "d'azur à 1 château de sable sur une terrasse de sinople; au chef d'argent chargé d'une étoile à 6 rais d'or, accostée de 2 corneilles de sable". Sa présentation a été réalisée à l'aide du logiciel « Héraldique 6 ».





Château et Seigneurie

Le Seigneur du village d’Arcizans-Dabant (Arcizans-Avant) était le chef de l’oustau du Doumec d’Arcizas situé sur une éminence, où il fut remplacé par un château féodal dont il ne reste aujourd’hui que le donjon et les murs d’enceinte.
Au donjon du 14ème siècle fut accolé vers 1500, un corps de logis divisé en deux compartiments carrés, terminés par un donjon carré, flanqué d’une deuxième tour et d’une tourelle d’escalier au centre des deux façades. Le Donjon a six mètres de côté, une porte percée tardivement donne accès au rez-de-chaussée. On entrait de plein-pied par une porte gothique ornée de moulures prismatiques dans la tourelle à pans coupés qui renfermait l’escalier. Deux autres portes donnaient sur l’intérieur. De nombreuses fenêtres éclairaient le château, les unes en ogive, les autres en plein-cintre, la plupart carrées. Une enceinte existait, mais il n’en reste rien.

Le château est trompeusement appelé « Château du Prince Noir ». Ce Prince ne l’a pas construit et n’y est jamais venu.


 
 
 
1825 - Litographie de Gélibet
1968
1972


La seignerie d’Arcizans fut possédée par :
La maison de Doumec, dite d’Arcizas
  - Bernat d’Arcizas, vers 1050
  - Arnaut Guilhem 1er d’Arcizas, vers 1080
  - Ramon Arnaut 1er d’Arcizas, 1000 à 1114
  - Bernat II d’Arcizas, 1127 à 1142
  - Guilhem 1er d’Arcizas fils de Bernat II, 1145
  - Arnaut 1er d’Arcizas, 1157
  - Bernat III d’Arcizas, fils d’Arnaut, 1170
  - Ramon Arnaut II d’Arcizas, fils de Bernat III
  - Arnaut Guilhem II d’Arcizas, fils de Ramon, 1267
  - Ramon Arnaut III d’Arcizas, fils de Arnaut Guilhem, 1292 à 1326
  - Dounet de Doumec d’Arcizas, fils de Ramon, 1328
  - Manaut 1er d’Arcizas, 1337
  - Ramon Arnaut IV d’Arcizas dit le Borgne, fils de Manaut, 1376
  - Manaut II d’Arcizas, Donzel, fils de Ramon, 1391
  - Bérard d’Arcizas, fils de Manaut, 1429
  - Bernat IV d’Arcizas, fils de Manaut, 1439
  - Ramon Arnaut V d’Arcizans, fils de Bernat, 1443 à 1459
  - Manaut III dit Manautou d’Arcizas, fils de Ramon, 1459 à 1493.
  - Louise, fille de Manautou épouse vers 1485 Arnaut Guilhem de Majourau, qui devient le 18ème Seigneur d’Arcizas de 1500à 1530 environ.
  - Bourtoumiéou de Majourau fils d’Arnaut Guilhem de Majourau lui succède vers 1530 jusqu’un 1583.
  - Louise de Majourau héritière de Bourtoumiéou. Elle épouse Georges de Castets, Seigneur d’Arouille, qui devient ainsi Seigneur d’Arcizas de 1583 à 1597 environ.
  - Louise de Castets, fille de Georges. Elle épouse Albiciade le Blanc de Labatut, Seigneur de Labatut. Ils sont vingt-troisième Seigneur et vingt-quatrième Dame d’Arcizas de 1596 à 1613. En 1612 Albiciade vend la seignerie à Antoine de Mont d’Uzer qui à son tour devient Seigneur d’Arcizas vers 1614 jusqu’en 1626.
  - Pierre Jean Auguste de Mont d’Uzer de 1626 à 1660, fils d’Antoine.
  - Jean Antoine de Mont d’Uzer de 1162 à 1669, fils de Pierre.
  - Philippe de Mont d’Uzer 1669, fils de Jean.
  - Jean de Mont d’Uzer de 1694 à 1707, fils de philippe.
  - Messire François de Mont d’uzer de 1721 à 1759, fils de Jean. De 1746 à 1767, la famille Dallier interrompt la possession de la famille de Mont d’Uzer.
  - 1746 à 1747, Joseph Balthazar Dallier possède la terre d’Arcizas. Elle est ensuite vendue à Jean louis de Berné qui devient le 34ème Seigneur d’Arcizas de 1768 à 1770.
Joseph de Rolland achète la seigneurie en 1772. A sa mort en 1775, son épouse Izabet Toinette de Mont d’uzer devient Dame d’Arcizas jusqu’en 1789.
Par son remariage le 8 janvier 1784 elle apporte la seigneurie à François Xavier de Bélesta qui devient le 37ème et dernier Seigneur d’Arcizas.
En 1789 prend fin la seigneurie d’Arcizas et le chateau reste à l’abandon.
1902 Monsieur Rémi Pahu est propriétaire du château. il décède le 1er juin 1903.
Par la suite Gabriel Anthian Sarbatx, puis Savin Anthian Sarbatx sont propriétaires de la demeure.
Le château est découvert à l’abandon en 1969 par Monsieur et Madame Doyen Zwaempoed qui achètent les ruines en mai 1970. Ils entreprennent la restauration des tours et du corps de logis totalement détruits. Les travaux commencés dès 1970, s’achevèrent en décembre 1972. Totalement restauré le château est ouvert au public en 1977.
Actuellement le château ne se visite plus, il est propriété privée.

1985 Château d’Arcizans-Avant




L'église

Depuis 830, l’église de l’Assomption (consacrée à Saint-Martin), orientée est-ouest, est implantée au cœur du village. Son clocher monumental à trois coyaux le domine. Il abrite quatre cloches de 70 à 250 kg dans un petit clocheton au dessus de l’ancien autel, un « chimboulet » que l’enfant de cœur faisait sonner au moment de l’élévation. A l’intérieur le retable exécuté par CLAVERIE de style baroque régional du XVIIIe siècle, le baptistère du XVe siècle enfermant une cuve en pierre du XIe siècle, un beau tableau représentant le reniement de Saint Pierre du XVIIIe siècle, restauré grâce à la générosité des paroissiens et enfin une tribune à deux niveaux.
C’est un édifice roman d’une qualité architecturale exceptionnelle, classé le 21 mars 1975 à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques. Des réparations successives, en 1970, puis en 1998, diligentées par l’architecte des bâtiments de France, ont permis d’assainir les murs, de remplacer le plafond du XVIIe siècle et de le décorer d’un ciel étoilé de motifs au pochoir avec reprise des faux marbres sur les clefs de voûte et les nervures. Des efforts sont poursuivis par la municipalité pour conserver et embellir l’édifice : aménagement du parvis avec installation d’une fontaine et, récemment, entretien du parquet du chœur.
Des chorales et groupes musicaux utilisent ses qualité acoustiques pour enregistrer leur répertoire et donner des concerts.

Église Saint-Martin




Homme célèbre
CARASSE (Bernard de)
Natif d’Arcizans-Avant, ce capitaine dans le Piémont sous les ordres du Maréchal de Brissac entre bientôt dans l’Ordre des Chartreux et devient successivement Prieur de Mont-Dieu puis Général de l’Ordre en 1566, jusqu’à sa mort survenue à la Grande-Chartreuse en 1586.



Quelques précisions

Altitude :
640 m

Superficie :
1504 ha

Population :
- 1999 : 298 habitants
- 1968 : 185 habitants (recensement)
- 1893 : 365 habitants (Annuaire des HP)
- 1886 : 388 habitants (recensement)
- 1841 : 448 habitants
- 1806 : 494 habitants
- 1429 : 28 feux

Saint patron :
- Saint Martin, Assomption de Notre Dame, 15 août.

Historique administratif :
Pays et sénéchaussée de Bigorre. Lavedan. Arribèra de Saint-SAvin.
Canton de Saint-Savin (1790), d’Argelès depuis 1801.

Dénominations historiques :
- Arcisaas (v. 1035, Cartulaire Saint Savin; 1285, Montre Bigorre).
- Arcisans (1167, Bulle Alexandre III)
- Br. d’Arcizac (XIIème siècle, Cartulaires Bigorre)
- B. d’Arcisag (ibidem)
- Raymundus Arnaldi de Arcisanis, latin (1300, Enquête Bigorre)
- De Arcisanis, latin (1342, Pouillé Tarbes)
- de Arcisanis Anterioribus, latin (1379, Procuration Tarbes)
- Arcisans, Arsisans (1429, Censier Bigorre)
- Arcizans ou Arcizans-Avant (dès 1738, Registres paroissiaux
- Arcizans Avant (v. 1770, Carte de Cassini)
- Arcizans-Avant (1790, département 1)

Hypothèses précédentes : - Dauzat et Rostaing (DENLF) : Nom de personne latin Arcisus + suffixe d’appartenance -anum. - Rohlfs (Le gascon paragraphe 4) : cognomen latin Arcisus (attesté dans des inscriptions de l’ancienne Hispanie). - Abbé Nègre (TGF 9810), R. Aymard (DNLHP) : Nom de personne roman Arcisus + anum + s parasite.

Discussion : Accord général sur le fait qu’on a affaire à un nom de personne latin Arcisus + suffixe d’appartenance -anum (= propriété d’Arcisus). Deux précisions cependant :
1- Ce cognemen latin Arcisus est bien représenté en toponymie bigourdane puisqu’il concerne quatre communes. Il n’est peut-être pas nécessaire d’invoquer, comme le fait Rohlfs, « des inscriptions de l’ancienne Hispanie », car il fait problablement partie d’une famille onomastique nombreuse répertoriée par Berganton (DNI p. 183).
2- Le prétendu « s parasite » dont parle Nègre s’explique mieux par un pluriel (suffixe -anos).
Avant indique l’orientation à l’est, au levant par rapport à Arcizans-Dessus.

Etymologie :
Nom de personne latin Arcisus et suffixe pluriel -anos (= les domaines d’Arcisus). Avant = situé à l’est.



Doléances d’Arcizans-Avant

L’an mil-sept-cent-quatre-vingt-neuf et le vingt-huit de ce mois de mars courant, à neuf heures du matin, en assemblée générale des habitants d’Arcizans-Avant, au pays du Lavedan, comté de Bigorre, convoquée aux formes ordinaires et conformément aux lettres de convocation du Roi pour les Etats généraux en date du vingt-quatre janvier dernier, règlement y annexé et ordonnance de M. le Sénéchal de Bigorre du 18 mars courant, présents Antoine Caillau et Dominique Pahu, premier et second consuls, avec eux Basile Oustalet , Jean Arrouzat ; Antoine Laboyrie, Dominique Gerde, Pierre Bordenave, Jean Borde, Pierre Bordère, Dominique Vignelongue, Pierre Croc, Michel Mazou, Dominique Arregot, Bernard Teye, Jean Campet, Pierre arramond, Paul Semmartin, Jean Bay, Pierre Pèré, Jean Surberbie, Savin Biés, Laurent Sarrettes, Bernard Castet, Simon Subergelle, François Champy, Jean Gouarde, Antoine Soulé, André Fréchou, Barthélémy Cazayous-Dessus, Jean Antayan, Etienne Cazayous-Debat, Joseph Boyrie, Joseph Sassus, Jean Crampé, Pierre Lie, Jean Layré-Dessus, Pierre Layré-Debat, André Bourdette, Pierre Sibat, Jean Loubère, Jean Haure, Etienne Antian Salvats, Jean Nabais, Dominique Carrère, Martin Chelle, Pierre Perette, Antoine Loustau, Dominique Carassus et Jean Tourreille, les tous habitants du lieu d’Arcizans-Avant, il a était fait lecture desdites lettres de convocation, règlement y annexé et ordonnance de M. le Sénéchal, de Bigorre et il a été présenté par le sieur Antoine Caillau, présidant ladite assemblée en sa qualité de premier consul, que pour se conformer aux intentions du Roi et lui donner des preuves de notre confiance, il est nécessaire de procéder au cahier de nos doléances et de nos vœux observant de le rédiger de la manière la plus claire et la plus précise.

Sur quoi il a été unanimement délibéré d’exprimer seulement les vœux des délibérants qui seuls témoignent assez le motif de leurs doléances et ledit cahier a été formé dans l’ordre qui suit :
Vœux 1° Que les impositions royales et locales soient également supportées par les ecclésiastiques nobles et roturiers en raison de la valeur intrinsèque des difficultés et propriétés de chacun de ces trois corps et qu’ils supporteront les impôts sur leurs rentes pécuniaires au prorata.
2° Que la liberté concernant les haras soit accordée à ce pays ainsi qu’elle l’avait précédemment à l’actuelle administration.
3° Que la constitution des Etats de cette province soit réformée de manière qu’il y ait universalité des représentants, que l’élection des députés soit libre ; que le Clergé et la Noblesse ne fassent plus qu’un même corps formant une seule voix, que le nombre députés du Tiers-Etat soit égal à celui du Clergé et de la Noblesse réunis, que ce Tiers ait aussi une voix ; que le syndic de chaque corps soit élu parmi les membres de chacun des trois corps et qu’au cas de partage, il sera vuidé en prenant les voix par tête ou par des commissaires qui seront pris en nombre égal dans le corps du Clergé et de Noblesse réunis et dans celui du Tiers-Etat.
4° Que le concordat (1) passé entre les vallées du Lavedan et messieurs les officiers du Sénéchal de Tarbes soit cassé et que la justice criminelle soit rendue dans ce pays ainsi qu’elle l’est dans les justices royales .
5° Que la révision des comptes des communautés et leur clôture sera réunie à l’administration des Etats de cette province ainsi que la direction des ponts, chaussées, routes, presbytères, églises, cimetières, eaux minérales, des dépenses faites en corps de province ou en corps de communauté et généralement de tout ce qui peut-être relatif à l’administration intérieure de la province (2).
6° Abolition des milices et des corvées.
7° Réduction du salaire des huissiers qui dévorent ce pays.
8° Cassation de l’office de l’huissier priseur.
9° Suppression du droit d’ensaisissement, centième denier et demi centième denier.
10° Suppression du fixe.
11° En de ce, le présent cahier a été dressé en deux doubles et a été signé par tous les délibérants, qui ont su et ont été paraphés et … par le premier consul qui les a aussi signés au bas de chaque page pour l’un desdits doubles être déposé aux archives de la communauté et l’autre remis aux députés qui seront nommés par l’assemblée pour le présenter à l’assemblée provinciale. Fait et clos l’an et jour susdits.
Caillau consul, Pahu second consul, Subergelle, Bordère, Pradet, Bourdette, Champi, Carassus, Crampet, Vignalongue, Loubère, Theye, Croc, Layré-Debat, Assibat, Cazayous, Anthian, Biès, Loustau, Pèré secrétaire.



Poésie

Catalan d’origine, François Borreil a su fort bien s’intégrer en Lavedan. Il mena de pair avec une carrière dans l’administration, des fonctions d’élu communal à Arcizans Avant, des activités associatives ainsi qu’une vie familiale pleine et heureuse.


C’EST UN VILLAGE ANCIEN

C’est un village ancien, tranquille et pacifique,
Où s’écoulait la vie au cycle des saisons,
Au rythme des troupeaux, à l’instant des moissons,
Dont me séduit jadis le charme bucolique.

Dans l’église blottie aux pieds du vieux château,
Qui garde d’autrefois la mémoire fidèle,
Conduisant à mon bras la fille la plus belle
De mon plus grand bonheur je vins graver le sceau.

Cinquante ans fugitifs depuis lors ont couru
Emportant en leur cours les mœurs patriarcales
Usages pastoraux et tâches ancestrales
Et, de son ciel l’aura biblique a disparu.

Pour ce peuple, pourtant, ma foi reste vivace
Et son clocher rustique, accueillant mon destin
Avec sa croix guidant mes pas sur le chemin,
Occupe dans mon cœur une plus belle place.

Dans ce petit village où je n’ai pas d’aïeux
J’ai réservé l’endroit, à l’humble cimetière,
Où je retrouverai celle qui me fut chère
Pour dormir, à jamais, dans la paix de ces lieux.

10 mai 1994 François BORREIL
(Poème de François BORREIL, dédié au village d’Arcizans-Avant)


Dessin extrait du recueil « MES SENTIERS POETIQUES »


LE CASTEL D’ARCIZAS

Le Castel d’Arcizans, au sommet de la butte
où le bâtit jadis un chevalier gascon,
dressait à l’horizon le squelette hirsute,
croulant et mutilé, d’un antique donjon.
Le soc dur et tranchant du temps inexorable
avait ouvert les murs, sapé les fondements
et l’homme, méprisant le passé vénérable,
des restes affaissés pillait les ossements.
L’aubépine et l’ortie et la ronce et le lierre,
linceul vivant envahissant les vieux tombeaux
dont la masse des ans a descellé la pierre,
étouffaient lourdement les débris féodaux.

De centaines d’hivers, la charge meurtrière
avait démantelé les remparts ancestraux!

Mais le Destin clément avait, sur les tablettes,
gravé le sort heureux de ce fief valléen
car le hasard frondeur, au gré des pirouettes,
guida vers ce haut lieu l’homme dont le dessein
était de rétablir, sur le noble décombre,
les murs moyenâgeux dominant la hauteur
et joindre le passé pour exhumer de l’ombre
le glorieux blason du plus lointain seigneur.
Aujourd’hui, le manoir rescapé de l’abîme
expose fièrement son corps ressuscité.
L’oriflamme qui flotte au souffle de la cime
prouve sa renaissance et sa pérennité.

Reprenant son essor la demeure s’anime
et fait briller le feu de l’âtre rallumé!

La bourgade est serrée autour de son église
comme un troupeau paisible au pied de son pasteur.
Veillant, sur les toits gris le Castel symbolise
un Cerbère attentif, vigilant protecteur,
et le donjon ancien, au faîte débonnaire,
campant sur la vallée un chef de vieux tribun,
semble encore épier l’Estrème et Batsurguère
et scruter les versants de Beaucens et d’Azun.
Il prolonge le nom et l’emblème vivace
des Seigneurs d’Arcizas, fleurons du Lavedan,
dont l’éclat franchissant les siècles et l’espace
illustra les hauts faits du Comté bigourdan.

Son lustre et son renom gravés dans la mémoire,
le Castel d’Arcizas poursuit sa longue histoire!

Poème et dessin extraits du recueil de François BORREIL
« MES SENTIERS POETIQUES »
A lire sans modération




Principales sources :
- « Traditions et coutumes des Hautes-Pyrénées » de Norbert Rosapelly.
- Nouvel Annuaire des Hautes-Pyrénées de 1893.
- Lavedan et Pays Toy n°14, spécial 1982 de la Société d’Etudes des Sept Vallées.
- Guide des Villes et Villages de France de Michel de La Torre, Hautes-Pyrénées, Editions Deslogie et Lacoste.
- Dictionnaire toponymique des communes des Hautes-Pyrénées de Michel Grosclaude et Jean-François Le Nail, (page 26).
- Hautes-Pyrénées, Inter-Guide 16ème édition de mai 1969.
- « Châteaux Maisons Nobles des Hautes Pyrénées » de Pierre Gintrand, Editions du Val d’Adour.
- Personnalités des Hautes-Pyrénées de Jean-Pierre Thomas, PyréGraph.
- "Mes sentiers poétiques" de François Borreil.


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